Ciné-Fil #21 by Marine Melody

Nous en sommes déjà au vingt-et-unième numéro de Ciné-Fil (c’est marrant, c’est comme mon âge…à quelques années près…), et la sélection de la semaine est pour le moins éclectique, à l’image des sorties cinématographiques de cette rentrée. Entrons dès à présent dans le vif du sujet.

 

Le coup de cœur de la semaine : Le Redoutable

Le redoutable

Film de Michel Hazanavicius, avec Louis Garrel, Stacy Martin, Bérénice Bejo… Sortie le 13 septembre.

Le pitch (source : Allociné) : « Paris 1967. Jean-Luc Godard, le cinéaste le plus en vue de sa génération, tourne La Chinoise avec la femme qu'il aime, Anne Wiazemsky, de 20 ans sa cadette. Ils sont heureux, amoureux, séduisants, ils se marient. Mais la réception du film à sa sortie enclenche chez Jean-Luc une remise en question profonde. Mai 68 va amplifier le processus, et la crise que traverse Jean-Luc va le transformer profondément passant de cinéaste star en artiste maoiste hors système aussi incompris qu'incompréhensible. »

Le Redoutable est un film aussi génial qu’étonnant. D’abord au niveau de l’image, avec ce grain de film ancien parfaitement cohérent que Michel Hazanavicius a choisi, et qui procure au film un côté très authentique qui fait qu’on est vraiment embarqué dès le début. C’est une excellente idée, et c’est très bien exploité. Le casting est formidable, avec surtout évidemment une superbe interprétation de Louis Garrel en Jean-Luc Godard. Le rôle lui va à merveille. Et alors, ne connaissant pas vraiment le vrai Jean-Luc Godard, je ne saurais pas dire si c’est fidèle à la réalité, mais en tout cas, dans le film, on ne va pas se mentir, on est face à un beau spécimen de drama-queen, option punchlines, qui bien sûr est un ressort comique majeur du long-métrage. Ça, et les lunettes de Jean-Luc. Ceux qui ont vu le film savent de quoi je parle. Les rôles gravitant autour de Godard ne sont pas en reste, même s’ils sont quelque peu masqués par le personnage principal (en même temps, comment peut-il en être autrement ?). Des instants insolites viennent ponctuer le déroulement du film, notamment plusieurs moments où le personnage de Garrel s’adresse directement à la caméra (une récurrence des films de Woody Allen, me semble-t-il, si ma culture ne me fait pas défaut), ou même ces moments où le film se moque un peu sciemment de lui-même, tout cela étant très bien géré et très bien interprété. Au final, Le Redoutable est un film excellent, et qu’on connaisse Jean-Luc Godard ou non (personnellement, je sais qui il est, et je connais quelques titres de films, mais ça ne va pas plus loin), ça n’empêche vraiment pas d’apprécier le spectacle.

Ma note : 9/10.

 

Les autres films

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Un couple vit tranquillement dans une maison à l’écart de tout. Mais l’arrivée d’invités inattendus va bouleverser leur équilibre… Alors, très sincèrement, j’ai bien mis deux bons jours à décider de si j’avais aimé ce film ou détesté. C’est tellement déroutant qu’il est vraiment difficile de savoir. Et je sais que je ne suis pas la seule. Le cinéma de Darren Aronofsky (Requiem For A Dream, Black Swan…) a toujours une atmosphère particulière, mais avec ce film, il atteint un autre niveau. Vraiment, je vous conseille vivement de ne pas lire les critiques (dit-elle en en écrivant une) et d’aller vous faire votre propre opinion, parce que c’est difficile de définir un avis tranché sur ce film. Bon, de manière générale, faites-vous votre propre opinion en allant voir les films, mais c’est encore plus le cas ici. Par contre, on ne peut pas dire qu’objectivement, c’est un mauvais film, du tout. Une très belle image, une belle interprétation (même si je fais partie des personnes qui ont du mal avec Jennifer Lawrence), et un scénario…détonnant. Ce film est la définition même de l’expression That escalated quickly. Ça met un peu de temps à démarrer, mais alors quand l’action commence réellement, ça grimpe très vite. Bon, j’ai fini par statuer que j’avais aimé. Peut-être un deuxième visionnage dans quelques temps sera nécessaire pour confirmer ou infirmer mon opinion. Ma note : 9/10.

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Connie braque une banque avec son frère Nick, mais le braquage tourne mal. Connie parvient à s’enfuir mais son frère est arrêté par la police. Commence une course contre la montre pour Connie, qui veut tenter par tous les moyens de libérer son frère… Excellent film, bien rythmé, avec une très belle bande originale, et une superbe interprétation de Robert Pattinson. L’action tient en haleine jusqu’au bout, et on passe un bon moment (c’est marrant, c’est le titre du film LOL ok, je me tais). Ma note : 8/10.

Nos annees folles

Pendant la première guerre mondiale, pour protéger son mari déserteur, Louise Grappe travestit Paul en femme. Mais Paul y prend goût et a du mal à abandonner son alter ego Suzanne lorsque le conflit est terminé, ce qui risque de mettre en péril le couple… Inspiré de faits réels, ce film retrace l’histoire de Paul et Louise Grappe, sublimement interprétés par Pierre Deladonchamps et Céline Sallette. J’aimerais surtout faire une parenthèse concernant Céline Sallette. C’est une actrice que je ne connaissais pas avant cette année, et j’ai pu la découvrir dans déjà quatre films sortis ces derniers mois : Corporate, Cessez-Le-Feu, HHhH et donc Nos Années Folles. Et dans chacun de ses rôles, elle m’a bluffée. Une actrice à suivre et que j’ai hâte de retrouver dans d’autres longs-métrages. Concernant ce film, c’est une histoire forte qui nous est racontée, et même remarquablement narrée. Un film à voir ! Ma note : 8/10.

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Barry Seal, aviateur, est recruté par la CIA. Puis par le cartel de Medelin. Puis par la DEA. Un joyeux bordel où il va s’en mettre plein les poches en bernant tout le monde… Alors, partons juste d’un principe simple : Je n’aime pas Tom Cruise. La personne m’insupporte. Donc forcément, pour chaque film que je vois dans lequel il joue, je dois faire un effort considérable pour faire abstraction et me concentrer sur le film afin d’être objective. Voilà. Donc, maintenant, tentons d’être objectif : c’est un bon film, sympa, rythmé, qui nous entraîne du début à la fin, avec d’excellents seconds rôles, notamment Domnhall Gleeson (également dans Mother ! d’ailleurs cette semaine), qui une fois de plus est formidable (je l’aime beaucoup), et un second rôle bien trop minime pour Jayma Mays, actrice de talent qu’on ne voit clairement pas assez dans le film (d’ailleurs, c’est sur elle qu’on aurait dû faire le film. Je m’en tape de Tom Caca Cruise. En plus, c’est un bâtard dans le scénario. Moi, c’est elle que je veux voir !) Bref, une histoire vraie racontée à 100 à l’heure qui nous fait passer un bon moment…malgré Tom Cruise (je vous ai dit que je l’aimais pas ?). Ma note : 7/10.

 

 

Sont sélectionnés pour les choix de septembre : Le Redoutable et Mother ! pour Meilleur Film, Domnhall Gleeson (Barry Seal : American Traffic / Mother !), Louis Garrel (Le Redoutable), Javier Bardem (Mother !)  et Robert Pattinson (Good Time) pour Meilleur Acteur, et Jennifer Lawrence (Mother !), Céline Sallette (Nos Années Folles) et Jayma Mays (Barry Seal : American Traffic) pour Meilleure Actrice.

 

 

A la semaine prochaine !

 

Marine Melody.

rédactrice semaine Film Cinéma

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