Ciné-Fil #23 by Marine Melody

Petit changement de programme (c’est comme ça qu’on accroche un public : avec une annonce choc dès l’intro), les Ciné-Fil seront désormais étalés sur deux semaines. La raison officielle, c’est que comme ça, ça fera plus de films à chroniquer, et donc des articles plus fournis, la raison officieuse, c’est que je me suis rendue compte qu’une semaine sur deux, j’avais la flemme, donc je me suis dit que ça règlerait le problème.  Genius. Pour ce nouveau numéro, donc, partons sur six films qui ont rythmé cette quinzaine cinématographique !

 

Le coup de cœur de la semaine : Le Château de Verre

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Film de Destin Cretton, avec Brie Larson, Naomi Watts, Woody Harrelson, Max Greenfield… Sortie le 27 septembre.

Le pitch (source : Allociné) : « Jeannette Walls, chroniqueuse mondaine à New-York, a tout pour réussir et personne ne peut imaginer quelle fut son enfance. Elevée par un père charismatique, inventeur loufoque qui promet à ses enfants de leur construire un château de verre mais qui reste hanté par ses propres démons, et une mère artiste fantasque et irresponsable, elle a dû, depuis son plus jeune âge, prendre en charge ses frères et sœurs pour permettre à sa famille dysfonctionnelle de ne pas se perdre totalement. Sillonnant le pays, poursuivis par les créanciers, et refusant de scolariser leurs enfants, les Walls ont tout de même vécu une vie empreinte de poésie et de rêve, qui a laissé des marques indélébiles mais qui a créé des liens impossibles à renier. »

Inspiré du livre de Jeannette Walls, l’héroïne, Le Château de Verre raconte l’incroyable histoire vraie de sa famille, loin d’être conventionnelle ! C’est un film très beau, touchant et drôle qui nous est proposé, j’ai été véritablement embarquée par l’épopée de cette famille américaine hors normes. Le scénario est très bon du début à la fin, la musique est géniale, mais c’est surtout le casting qui sublime le tout. Brie Larson interprète Jeannette adulte, et c’est une actrice absolument formidable, ses parents sont joués par les géniaux Naomi Watts (dont je suis très fan) et Woody Harrelson, qui confère au père de Jeannette le côté loufoque qui sied au personnage, et les seconds rôles ne sont pas en reste, que ce soit les enfants qui interprètent la fratrie Walls à différents âges, ou Max Greenfield (Schmidt dans la série New Girl) que l’on retrouve en petit ami sophistiqué de Jeannette adulte. Tout dans ce film est excellent et fait du bien. Je ne saurais que vous conseiller de courir le voir : vous passerez un très agréable moment. J’ai adoré.

Ma note : 10/10.

 

Les autres films

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Mathilde vit seule avec sa mère, socialement inadaptée et proche d’une forme de démence. Si aux yeux des autres, sa mère est folle à lier, Mathilde fait tout pour la protéger et éviter d’en être séparée. Un jour, la mère de Mathilde lui offre un oiseau qui parle. Mathilde est la seule à l’entendre, et l’oiseau va la guider et veiller sur elle… La réalisatrice Noémie Lvovsky, qui incarne également la mère de Mathilde, nous présente un film étonnant et lunaire sur l’enfance. Une jolie histoire, avec des scènes très mignonnes (et parfois très glauques, je pense notamment à cette scène de l’enterrement du squelette de l’école par Mathilde. C’est mignon. Et glauque.) et un casting incroyable : Noémie Lvovsky est touchante et convaincante dans le rôle de la mère de Mathilde, personnage qui semble totalement déconnecté de la réalité, mais qui par moments ne paraît pas en être malheureuse (Il y a ce joli dialogue, que l’on voit dans la bande-annonce, où elle porte une robe de mariée, et lorsqu’une autre cliente lui demande « Mais vous ne vous mariez pas ? », elle répond « Si. Avec la vie. » C’est très beau.). Mathieu Amalric joue lui le père de Mathilde, qui va finir par intervenir pour soutenir son ex-femme et aider sa fille, et c’est toujours un plaisir de retrouver cet acteur très talentueux. Mais la révélation du film est évidemment Luce Rodriguez, l’héroïne, remarquable, gracieuse et juste du début à la fin. J’ai été transportée. Point supplémentaire pour la très jolie bande originale, qui m’a notamment permis de découvrir la jolie chanson Oh my mama d’Alela Diane, que je vous conseille d’écouter autant que de voir le film. Ma note : 9/10.

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Abdul Karim voyage d’Inde vers l’Angleterre pour apporter un cadeau en l’honneur du jubilé de la reine Victoria. Il se voit accorder les faveurs de la reine en personne, qui développe avec lui une amitié aussi sincère qu’étonnante. Mais l’entourage de la reine ne le voit pas du tout d’un bon œil… J’adore les films historiques, j’adore l’Angleterre, donc forcément je me devais de voir ce film. Et je n’ai pas été déçue. C’est un très beau film et une histoire vraie touchante, magnifiquement interprétée par la merveilleuse Judi Dench en reine Victoria, et Ali Fazal dans le rôle de son confident. Un épisode historique longtemps passé sous silence (le film l’explique dans les crédits), mais mis en avant par cet excellent film. Ma note : 8/10.

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Max est le gérant d’une société d’organisation de mariages. Il est engagé par un couple pour organiser un mariage somptueux dans un château. Le film suit tout le déroulement de la journée au travers de chaque membre de l’équipe, que ce soit le gérant, le photographe, les mariés, l’animateur, les serveurs, etc. Et tout ne se déroule pas comme prévu… Eric Toledano et Olivier Nakache, tandem de réalisateurs des excellents Nos Jours Heureux et Intouchables, proposent ici un film chorale sur le thème du mariage, du côté des coulisses. J’en ai déjà parlé, les films chorale, c’est loin d’être ma passion (en général, ils ont le pire des défauts, ils sont vides, donc il n’y a rien à dire dessus), mais là, il faut avouer que c’est réussi. C’est drôle, bien raconté, et si on enlève le fait que le marié est une tête à claques absolue qui m’a fait souhaiter qu’il se crashe violemment sur le sol lorsqu’il fait son espèce de spectacle aérien (ceux qui ont vu le film savent de quoi je parle), tous les personnages sont attachants et nous donnent l’impression de faire partie de la fête. Jean-Pierre Bacri (quel acteur génial) gère tout ce beau monde de main de maître, même si évidemment la soirée sera riche en rebondissements ! Le film est une réussite indéniable. Ma note : 8/10.

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(Flemme d’en faire un résumé par moi-même, voici donc un magnifique copier-coller d’Allociné, merci, bisous :) « En 2049, la société est fragilisée par les nombreuses tensions entre les humains et leurs esclaves créés par bioingénierie. L’officier K est un Blade Runner : il fait partie d’une force d’intervention d’élite chargée de trouver et d’éliminer ceux qui n’obéissent pas aux ordres des humains. Lorsqu’il découvre un secret enfoui depuis longtemps et capable de changer le monde, les plus hautes instances décident que c’est à son tour d’être traqué et éliminé. Son seul espoir est de retrouver Rick Deckard, un ancien Blade Runner qui a disparu depuis des décennies... » Alors, autant vous le dire tout de suite, je n’ai pas vu Blade Runner premier du nom, ma critique se fondera donc entièrement sur le film comme un tout, et non comme une suite. Et tu peux immédiatement commencer à effacer ton commentaire me disant que ouais, mais du coup, t’as pas compris la subtilité du gnagnagnagna parce que c’était volontaire, donc même si j’ai loupé deux trois éléments (je dis deux trois parce que globalement, le scénario du premier est réexpliqué dans l’introduction du film), j’estime que ça ne change rien à mon avis sur le film. D’après ce que j’ai compris, ce film est l’évènement de l’année et un chef d’œuvre de perfection. Du coup, je vais me faire taper sur les doigts, mais même s’il est très bien, je n’ai pas non plus été ultra emballée. Les points positifs d’abord : Visuellement, c’est parfait. C’est splendide, tant au niveau des décors que des effets spéciaux. Rien à dire, chaque plan est d’une beauté incroyable. La musique est remarquable (c’est Hans Zimmer, en même temps, rien d’étonnant) et complète à merveille le film. Quant au casting, c’est parfait. Ryan Gosling, que je suis plus habituée à voir dans des comédies/films romantiques (notamment cette année avec les excellentissimes La La Land et Song To Song), est totalement convaincant dans ce rôle plus sombre. Harrison Ford est évidemment formidable, la question ne se pose même pas, et j’ai découvert Ana de Armas dans ce rôle touchant de femme holographique, dans lequel elle excelle. Au niveau des rôles secondaires, j’ai eu le plaisir de retrouver deux acteurs que j’aime énormément : Dave Bautista (le génial Drax des Gardiens de la Galaxie), et Carla Juri, une actrice éblouissante que j’ai découvert cette année dans les films Paula et Brimstone. Maintenant, pourquoi je n’ai pas trouvé ce film parfait ? Et bien, parce qu’au vu des bandes annonces, j’avoue que je m’attendais à quelque chose de beaucoup plus pêchu. Je m’attendais à beaucoup plus d’action, et là, j’ai trouvé ça un peu mou. Ce n’est que mon avis. Dans l’ensemble, le film est tout de même bon, et reste à voir. Ma note : 7/10.

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Boris et Genia sont en cours de divorce et refont leur vie chacun de leur côté. Lorsqu’ils se retrouvent dans l’appartement qu’ils mettent en vente, ce n’est que pour se disputer. Leur fils de douze ans, Aliocha, semble totalement laissé de côté. Jusqu’à ce qu’il disparaisse… Alors. J’ai lu énormément d’avis positifs sur ce film, comme quoi c’était l’un des meilleurs de l’année, très poétique, etc., bref, ça m’a donné envie d’aller le voir, ce que j’ai fait, et… grosse déception. Je suis passée totalement à côté. J’ai trouvé ce film lent, pas assez prenant, et sans grand intérêt. Ma note : 2/10. L’enfant qui joue Aliocha est très convaincant, et les paysages sont jolis. C’est tout ce que j’ai retenu.

 

Sont sélectionnés pour les choix du mois de septembre : Demain Et Tous Les Autres Jours pour Meilleur Film, Noémie Lvovsky (Demain Et Tous Les Autres Jours) pour Meilleure Actrice, Luce Rodriguez (Demain Et Tous Les Autres Jours) pour Prix d’Honneur.

Sont sélectionnés pour les choix du mois d’octobre : Le Château de Verre pour Meilleur Film, Woody Harrelson (Le Château de Verre), Ryan Gosling (Blade Runner 2049), Harrison Ford (Blade Runner 2049), Jean-Pierre Bacri (Le Sens de la Fête), Jean-Paul Rouve (Le Sens de la Fête) et Ali Fazal (Confident Royal) pour Meilleur Acteur, Brie Larson (Le Château de Verre), Naomi Watts (Le Château de Verre), Carla Juri (Blade Runner 2049) et Eye Haïdara (Le Sens de la Fête) pour Meilleure Actrice, et Judi Dench (Confident Royal) pour Prix d’Honneur.

 

Rendez-vous donc dans deux semaines pour le prochain numéro de Ciné-Fil ! Je profite de cette outroduction pour rappeler que le prochain Star Wars, Les Derniers Jedi, sort dans deux mois tout pile, et que ça me met en joie. Bisous tout doux.

 

Marine Melody.

rédactrice semaine Film Cinéma

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